La contraction de texte

La Contraction de texte en prépa HEC : maîtriser cet exercice de sélection qui fait peur

L’une des épreuves des concours en prépa HEC est la contraction de texte, c’est la seule épreuve de « français » noyée dans les maths, les langues, l’histoire-géographie, l’économie ou la culture générale. Cette épreuve est méconnue du commun des mortels car elle ne concerne que les filières sélectives des classes prépas et ne se pratique ni au lycée ni au collège. Elle est parfois victime de son coefficient (le moins important aux concours), du faible volume horaire consacré en classe lorsque beaucoup d’élèves pensent que cette épreuve ne se « révise »pas, ne se travaille pas et résulte d’un caractère aléatoire. Tentons de démystifier cette épreuve pour nos lecteurs avertis ou non, et montrons comment la langue française est mise à profit pour sélectionner les futurs élites (même scientifiques) dans un format de concours très codifié.

L’intérêt de l’épreuve de contraction de texte

Avant d’aborder la méthodologie de la contraction de texte en classes préparatoires (CPGE), il convient d’en présenter les enjeux. La contraction de texte consiste à résumer un texte long (4000 mots environ) en un nombre limité de mots, tout en restituant l’esprit du texte d’origine. Cette épreuve permet d’évaluer différentes compétences chez les étudiants :

  • leurs qualités d’expression écrite : la contraction est un exercice difficile car les étudiants doivent se restreindre non seulement au nombre de mots mais aussi au contenu du texte. Des facilités d’expression écrite sont un avantage incontestable, car elles permettent de résumer le texte d’origine de manière claire et efficace.
  • leur capacité de compréhension d’un texte long et difficile : les citations étant interdites dans l’exercice de contraction, il vaut mieux avoir compris le texte afin de pouvoir le reformuler et restituer le sens que l’auteur lui a donné.
  • leur culture générale : avoir une bonne culture générale, connaître les opinions de l’auteur et le contexte historique d’une œuvre, sont  évidemment des avantages non-négligeables pour comprendre le texte et ses enjeux. Mais on peut également très bien s’en sortir sans connaître ces différents points. Une bonne culture générale est donc avantageuse, mais non pas déterminante dans cet exercice.

L’intérêt de cette épreuve réside principalement dans le développement de l‘efficacité, de la rigueur et de l’esprit de synthèse des étudiants. Aussi, la contraction est un exercice professionnalisant, car il permet aux étudiants de travailler des capacités qui leur seront utiles, plus tard, dans leur vie professionnelle lors de réunion, de compte-rendu d’évènement, de prise de note, la compréhension des consignes. Finalement c’est aussi et surtout un exercice de sélection pour les écoles. Tout comme les maths sont une matière « démocratique » (ou tentent de l’être le plus possible) de sélection en Grandes Ecoles, l’épreuve de contraction propre au français ne nécessite pas autant de bagages culturels qu’en histoire-géo ou économie. D’ailleurs, dans l’exercice de la contraction, les étudiants des sections prépas scientifiques performent de la même manière que les prépas littéraires, teintant cet exercice de manière technique.

Les consignes à respecter dans la contraction de texte

Le décompte de mots

La contraction de texte, c’est avant tout un nombre de mots à respecterHEC Paris a fixé la limite à 400 mots (plus ou moins 10%). A l’aide d’un double-slache ( // )  et d’une indication dans la marge, il faut inscrire sur sa copie les décomptes intermédiaires (tous les 50 mots par exemple) afin d’aider le correcteur dans sa lecture. A la fin de sa contraction, il faut enfin indiquer de manière visible le nombre de mots total atteint. Il ne s’agit pas de mentir sur le décompte de mots, car le correcteur les compte presque systématiquement.

compter

Il faut savoir qu’un mot est « une unité topographique isolée par deux blancs ». Par exemple, les dates comptent pour un seul mot (1974), mais les noms propres comptent pour plusieurs mots (Jean de la Fontaine = 4 mots). Parfois il vaut donc mieux se passer des prénoms et se contenter d’écrire les noms de famille ! Il faut faire attention à l’utilisation des tirets et des apostrophes : lorsqu’ils séparent des mots distincts, alors on compte plusieurs mots. Par exemple, « c’est-à-dire » comporte 4 mots. En revanche « aujourd’hui » ou « socio-économique » n’en comportent que 2, car on ne peut isoler les deux termes « socio » et « économiques » ou « aujourd » et « hui » sans en ôter le sens. Il est donc important d’avoir non seulement un bon vocabulaire pour choisir soigneusement ses mots, mais aussi une bonne maîtrise de la langue française. Par exemple, savoir jongler entre propositions subordonnées et adjectifs qualificatifs permet bien souvent d’économiser un nombre non-négligeable de mots. Toute infraction au nombre de mots sera fortement sanctionné, par exemple avec une note divisée par 2.

Un exercice stylistique

La méthodologie de la contraction de texte consiste entre autres à respecter le style d’énonciation de l’auteur. Si celui-ci énonce à la première personne du singulier par exemple, il faut faire de même dans sa copie. Si l’auteur a tendance à s’insurger, à tenir des propos virulents, ou même à faire un usage prononcé des points d’exclamations ou des points d’interrogations, il faut l’imiter. On notera que les citations extraites du texte d’origine sont à bannir : tout doit être reformulé dans sa copie. En réalité, c’est là que réside la difficulté, car il ne faut pas que la reformulation s’éloigne du sens premier du texte. Il conviendra également de suivre l’ordre du texte pour restituer ses différents arguments : cette exigence vise à reconstituer l’esprit du texte d’origine. Ignorer les exemples est une grave erreur, il faut au contraire analyser chacun d’entre eux, savoir conserver les plus pertinents dans le rendu final de l’exercice, et citer les références associées à chacun. Enfin, il est interdit d’ajouter toute remarque personnelle ou tout propos qui ne soit pas issu de la pensée de l’auteur.

L’orthographe 

Présenter à son correcteur une contraction truffée de fautes de grammaire ou d’orthographe est impensable. Le barème appliqué à ces dernières est d’ailleurs très sévère : entre 4 et 6 fautes, le candidat perd 1 point ; entre 7 et 9 fautes il en perd 2 ; entre 10 et 12 fautes il en perd 3 ; et au-delà de 12 fautes il perd immédiatement 4 points. Vous allez peut-être penser que perdre au maximum 4 points sur 20 n’est pas si dramatique que cela en a l’air, mais il est déjà difficile d’avoir une excellente note en contraction, alors autant mettre toutes les chances de son côté. Surtout dans le cadre d’un concours où chaque point a son importance. Souvenez-vous que ceux qui ont une belle syntaxe et parfaite maîtrise de la grammaire partent incontestablement avec une longueur d’avance sur les autres candidats !

orthographe

La méthodologie de la contraction de texte en prépa HEC

Première lecture 

Cette première lecture n’est pas pratiquée par tous les étudiants, elle n’est pas obligatoire, mais elle est conseillée. Elle consiste à lire brièvement le texte afin d’en repérer le thème abordé et, grossièrement, sa structure. Cela permet, lors de la deuxième lecture d’y voir plus clair et de se concentrer sur les éléments importants. Au cours de cette première lecture, il est également conseillé de relever le titre du texte, son auteur, et sa date de parution. Si vous avez une bonne culture générale, cela vous donnera des informations sur les idées défendues par l’auteur et sur le contexte historique, qui sont des clefs pour la compréhension du texte.

Lors de cette première lecture, il est déconseillé d’annoter le texte. En effet, cette lecture étant brève et rapide, les éléments qui vont vous marquer et que vous aurez envie de surligner ne seront pas forcément les idées ou les exemples les plus pertinents à retenir. Or, si vous vous obstinez à les surligner, ce sera trop tard : à la deuxième lecture, mis en évidence de la sorte, ils vous paraîtront irrévocablement importants. Vous pouvez en revanche souligner discrètement les références et personnages cités pour repérer où sont les exemples.

Deuxième lecture 

La deuxième lecture s’effectue paragraphe par paragraphe. Il s’agit de l’étape la plus importante : elle déterminera votre compréhension, votre analyse et votre reformulation du texte. A chaque paragraphe, arrêtez-vous et notez la ou les idées majeures énoncées. On peut d’ailleurs les reformuler à ce moment-là, afin de mieux s’approprier le texte. Pour chaque idée relevée, indiquez la démarche suivie par l’auteur (s’agit-il d’un argument, d’un exemple, quel est l’enchaînement logique suivi…). Pour cela, il est utile de repérer les connecteurs logiques situés dans le texte d’origine, afin de repérer la structure des paragraphes et du texte en général. En ce qui concerne les exemples, ils peuvent parfois être nombreux dans le texte d’origine : gardez à l’esprit que vous allez devoir choisir les plus pertinents et les restituer dans votre copie. Évitez donc de les accumuler, cela deviendrait fastidieux, tant en amont qu’en aval. Enfin, n’hésitez pas à vous arrêter de temps en temps, au cours de votre lecture, pour relire vos notes. En effet, cela vous aidera à mieux cerner la structure du texte et la démarche de l’auteur.

Analyse du texte 

Suite à ces deux lectures, il faut absolument vous poser 2 questions :

  • quel est le thème du texte ?
  • quelle est la thèse défendue par l’auteur ?

Ne vous imaginez pas que la réponse à ces deux questions est évidente, loin de là. Or, dans votre contraction, il est indispensable de retranscrire clairement le thème abordé, et la thèse tenue par l’auteur. Donc si vous ne prenez pas le temps de répondre à ces deux questions, c’est simple, vous risquez de vous planter. Pour vous aider, voici quelques techniques. Pour déterminer le thème du texte, soyez attentifs aux mots répétés plusieurs fois dans le texte. Cela n’est pas anodin… Quant à la thèse, il arrive qu’elle soit clairement énoncée par l’auteur dans ses propos, mais ce n’est pas toujours le cas. Pour la déterminer, repérez les grandes lignes de son discours : l’introduction, les grandes parties et la conclusion. Pour chacune, déterminez s’il y a une problématique soulevée, et quelle réponse l’auteur y apporte. Ce ne sera pas du temps perdu, car ce travail de structure, vous devrez le faire quoiqu’il arrive.

réfléchir

Organisation et Rédaction 

Il faut d’abord que vous organisiez votre contraction selon les grandes lignes de réflexion de l’auteur. Il vous faut une introduction, une conclusion et entre 2 et 3 paragraphes intermédiaires qui retranscrivent autant d’étapes de la réflexion de l’auteur. Au total, donc, votre contraction ne doit pas excéder plus de 5 paragraphes. N’oubliez pas que votre plan doit suivre le déroulement du texte et de la pensée de l’auteur.

Puis, vient l’étape de la rédaction. Au brouillon, il est conseillé de viser un décompte de mots supérieur à celui qui est exigé (par exemple 450-480 mots), car il est plus facile de supprimer des idées que d’en ajouter. Gardez à l’esprit qu’il ne faut jamais citer l’auteur, mais sans cesse reformuler ses propos. Sachez que là où une reformulation, même hésitante ou erronée, sera valorisée, un copier-coller du texte sera sanctionné. Enfin, utiliser des connecteurs logiques est indispensable pour structurer sa contraction et retranscrire fidèlement la pensée de l’auteur.

Relecture et Décompte de mots 

Votre copie doit être littéralement impeccable : les paragraphes doivent être clairement visibles, la contraction de texte doit contenir le bon nombre de mots, les décomptes intermédiaires doivent figurer dans la marge, aucune rature ne doit apparaître, et les fautes d’orthographe sont à proscrire. Pour cela, gérez bien votre temps : les 3 heures passent vite, mais il faut savoir se réserver au moins une heure pour la rédaction, dont un quart d’heure pour la relecture et le décompte de mots. Il n’y a pas de secret, cela veut dire qu’il faut s’entraîner sur les annales et bachoter !! Certains élèves de prépa HEC consacrent d’ailleurs trop peu de temps pendant l’année à l’exercice de contraction de texte au profit des mathématiques, de l’histoire-géo ou de l’économie, ce qui est très dommageable pour leurs notes aux concours. Il en résulte pour ceux-là une nécessité de rattraper ce retard par un travail personnel additionnel pendant leur temps libre. Soit aussi par des cours particuliers ou par des stages intensifs ​https://groupe-reussite.fr/stage-intensif/ en mini groupe pendant les vacances scolaires avec l’emphase sur les matières dites mineures, dont une bonne note peut parfois contrebalancer une erreur de parcours en maths ou améliorer une note moyenne en langue.