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Défi n°3

1. Dénichez les 10 erreurs qui se sont glissées dans ce texte classique !

 

Extrait de « Du côté de chez Swann », Marcel PROUST

 

 « Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tous ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya cherché un de ces gâteaux courts et dodus appelées Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillit, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicisitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse: ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. Doux avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-elle? Que signifiait-elle ? Où l’appréhender ? (…)

 

Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tente Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quittée ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps or de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé ; les formes – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot – s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eu permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »

 

2.  Utilisez la bonne forme parmi les termes suivants :

 

  • « tout » ou « tous »

 

Depuis qu’il a réussi sa mission, le héros a repris son métier de gardien de moutons.  _________ les jours, il se lève et va passer son temps à surveiller les animaux. Il les observe, c’est _________ ce qu’il a à faire. Il s’ennuie et repense à _________ ce qu’il a vécu pendant son aventure et à _________ ses nouveaux amis. _________ à coup, il entend un bruit derrière lui. Il se retourne et écoute.

 

  • « attention » ou « intention »

 

Le héros en est sûr. Quelqu’un s’est approché de lui. Mais dans quelle _________ ? Il regarde autour de lui. Son _________ est attirée par un morceau de papier coincé sous une pierre. Il le prend et voit son nom écrit dessus. Il l’ouvre :

« A l’_________ du héros !

Fais _________, quelqu’un essaye de t’empoisonner ! Ne mange aucun gâteau préparé à ton _________ ! »

Le héros froisse le papier et serre les poings. Qui peut bien souhaiter sa mort ?